Seigneur, qui
avez partagé la vie de l’homme en étapes et qui et qui avez fait la vieillesse, ne permettez pas que je devienne un de ces vieux grognons, toujours
en train de dénigrer, de rouspéter, de ronchonner, attristants pour eux-mêmes,
insupportables aux autres.
Gardez-moi le
sourire et le rire, même s’ils ouvrent une bouche édentée ou découvrent
des dents artificielles.
Gardez-moi le
sens de l’humour, qui remet les choses, les gens et moi-même à leur juste
place, qui nous permet de rire de nos propres maux et transforme nos peines en
objets de bonnes plaisanteries.
Faites de moi,
Seigneur, un vieillard souriant, qui ne pouvant plus donner grand-chose à ses
frères, leur donne du moins un peu de joie.
Seigneur,
gardez-moi un cœur ouvert, une main toujours prête à serrer d’autres mains
et à s’ouvrir pour le don, qui partage ses quatre sous avec ceux qui n’en
ont qu’un. Et les fleurs de son jardin avec ceux qui n’en ont pas, qui
caresse au passage les chiens et les chats, qui sourit aux petits enfants, et émiette
du pain aux moineaux dans les jardins publics.
Seigneur, qui
avez fixé les saisons de la vie comme celles de l’année, faites que je sois
un homme de toutes les saisons. Je ne vous demande pas le bonheur en cette vie,
car je sais que nulle saison ne l’apporte, pas même le printemps. Je vous
demande simplement que mon arrière-saison soit belle, afin qu’elle porte témoignage
de votre éternelle beauté.
Amen.
J. Foliet.
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